Au cours d'un déjeuner aviné durant la semaine du gout, la conversation revient sur un essai Buell à Carole monstrueux. Le projet d'essayer les nouveaux modèles XB12 est lancé.
La transformation ne se fait pas attendre. Babwin réussit à convaincre une vieille connaissance concessionnaire Harley Davidson et Buell de nous prêter des jouets pour une matinée entière.
La semaine du gout sauce américaine est lancée.
Au menu : Buell XB12S et XB12X Ulysses et la Harley Davidson V-Rod, nul n'est parfait 
Miamm, miam...
Rendez-vous est pris un samedi matin chez Michel Borie, l'illustre concessionnaire Harley Davidson d'Ivry sur Seine.
Après causette avec les tenanciers, Pierrot nous présente les machines en prêt : une Buell XB12X Ulysses, une Buell XB12S et une Harley Davidson V-Rod.
Cela tombe bien. Nous sommes trois : Babwin, FE et moi-même.
Personnellement, je bave sur le look sans concession de la XB12S : basse et courte comme un vélo. Elle me fait penser à une Buell M2 coupé. En dehors de la mode du moment, je trouve le concept "deux roues + un moteur" essentiel et suffisant pour définir ma moto idéale. Cela me fait penser à toutes ces Harley fait-main allégées de tout chrome et plastique que j'ai vu circuler en Yougoslavie, en Grèce, en Turquie... il y a quelques années maintenant. 
Mais je garde aussi en mémoire un formidable essai à Carole des modèles X1 et M2, une véritable révélation pour moi. Au bout de 8 ans de pratique, je découvrais alors le concept de la moto full plaisir. Bien qu’à l'issu de la chevauchée fantastique sur le monstre, je ne m'imagine pas utiliser cette moto tous les jours, y compris sous mauvais temps : trop brutale.
Ce préjugé en tête, je suis curieux de tester 5 ans plus tard la Ulysses qui, plus suspendue, devrait être plus douce. La XB12X ressemble plus à une moto que sa petite soeur la XB12S.
Elle fait plus longue et plus imposante en comparaison. Ceci étant la ligne reste légère et elle est plus petite que les trails qui me sont connus.
Quant à la Harley Davidson V-Rod, ce n'est absolument pas mon style. Je n'accroche pas du tout au look cruiser chromé. Mais de toute façon en une matinée, les montures passeront dans toutes les mains. 
Revenons à la XB12X.
La finition est très bonne sauf le tableau de bord identique à toutes les XB12 et dont à priori la réalisation a été sous-traitée à Toys'r'us. Ceci étant, même chip, tout est là et fonctionne très bien.
Il n'existe plus d'interrupteur de phare, l'allumage est automatique. Une position sur le néman latéral permet de laisser la moto en veilleuse à l'arrêt.
Le compteur est réparti entre compte-tours, vitesse et un écran led avec un double journalier, vitesse moyenne, km total... lisible et facile d'accès sauf pour la remise à zéro mais en roulant l'intérêt est moyen.
Et puis, il manque l'essentiel : le dénivelé cumulé et sa moyenne horaire. 
Les voyants sont tous là : température avec 3 niveaux d'alerte (gasp), clignotant, injection, réserve, neutre...
Pierrot explique que Buell a trois façons de refroidir le twin quand l'air ne suffit plus : un ventilo extracteur d'air chaud fort bruyant et très geek informatique, suivi de l'enrichissement du mélange avec un ralenti haut perché à la clé et si la température monte encore, la noyade à l'essence 8/
Kryll m’apprendra plus tard que c’est un concept utilisé sur les moteurs d’avion.
Intéressant. Les moteurs HD révisés par Buell dispose donc d’un système de refroidissement liquide à l’essence.
La gueule de face : je préfère toujours et encore la XB12S. La Ulysses fait un peu gueule écrasée, presque aussi laide que la GS.
Des espèces de tampons en caoutchouc sont collés sur la protubérance du cadre et sont relativement discrets pour prévenir les chocs sur le cadre en cas de gamelle ; Cadre qui je le rappelle est le réservoir d’essence.
La taille des pneus avant me laisse à penser que les jetées de brêle en virage devront être musclés. Les sculptures de ceux de l'Ulysse devraient permettre de faire autant de hors bitume qu'avec mon NTV.
La selle est large. Ca doit être confortable.
La Ulysses est au petit soin pour le sac de sable avec un sissi-bar caoutchouté à trois positions :
9h30 Clic.
Plus discret que la M2 quand même ! Le son est étouffé en comparaison.
En selle ! Oula, la grande demoiselle ne se laisse pas grimper facilement. Il faut sortir le cul pour poser un pied au sol ; 1.78 sans mes semelles compensées. Faut dire, je ne suis pas habitué au trail. Lors d'une manoeuvre lente en dévers, je me ferais une petite chaleur. La combinaison selle un peu haute et surtout selle large a son revers.
Scoop : La boite est aussi douce et précise qu'une japonaise.
suspension de l'Ulysse est confortable et travaille bien. Elle prend sans broncher les raccords, trou, bosse, petits cailloux. Ca ne glisse pas. Ca ne louvoie pas. Ca ne secoue pas. La moto s'incline sans forcer mais je n'assimilerais en 3 heures pas le manuel pour prendre du vrai angle à bonne vitesse sans transpirer de la raie. Quant à Babwin, il parlera de partie cycle de BM avec un moteur.Buell_XB12X_Avant
Le siège est surprenant. J'ai l'impression d'être assis sur un triangle de billard en mousse. Très confortable, les boules trouvent naturellement leurs positions. On peut se caller sans problème au fond du siège ou contre le réservoir pour un style de conduite très différent. La position est buste relevé et jambes semi-dépliées, la pointe des pieds est à l'aplomb de la moitié des cuisses. Ca ressemble fort à un engin pour faire de la borne sans faiblir. Les jambes serrent parfaitement l'engin.
Les rétros sont petits mais utilisables.
Les reprises sont un ton au-dessus de celle de la NTV, plus précisément
magique
A partir de 1500, ca tracte velu jusqu'à je sais pas où, les
conditions ne se prêtaient pas plus que les moteurs neufs à jouer aux
cons. A 3000 tours, je croise à 100 km/h en 5eme. La zone rouge est à 6500.
A 150, ca louvoie un peu. En relâchant le guidon, ca s'arrête. Le vent
joue donc sur mes frêles épaules. Le saut de vent protège bien la tête
sans générer de turbulences sur le casque. On roule vite sans s'en
apercevoir.
Le son par contre est très discret. Histoire de rodage à priori. La brêle sort du carton et elle respire bien plus mal que la XB12S qui totalise 4000 km. De plus, le brouillard présent doit amplifier l'effet.
C'est un peu frustrant pour la frime. Ceci dit Feu était parfaitement satisfait de la sonorité suffisante aux feux rouges et de leur effet sur les gazelles voisines.
En parlant de son, au bout de quelques 50 bornes à 60 de moyenne, on
entend plus le ventilateur que le moteur. Celui-ci ne s'arrête plus. C'est un peu inquiétant et lourd. Espérons que cela soit lié au rodage et non à la conception.Buell_XB12X_Ventilateur
L'injection n'aime pas les régimes stabilisés en dessous de 3500 tours.
Quelques hoquets se font sentir.
Les repose-pieds ne sont pas sur silentbloc. Ca vibre.
Les freins (les quoi ?) : très velu à l'avant, ralentisseur arrière un peu ferme à doser.
Bref, une brêle qui pourrait presque remplacer ma NTV au quotidien mais ca serait vraiment un crime vu le trajet. L'Ulysses est une moto de voyage très bien finie avec option moteur Rhâaa. Pas la plus étonnante,
ni la plus joueuse, mais la plus équilibrée (qui a dit japonaise ?)
La pose café sera la bienvenue pour réchauffer les mains et poser le cul sur la diablesse XB12S >:p