Je m'étais gavé de sensations viriles lors de l'essai de la M2 à Carole, aussi j'attendais impatiemment de reposer le cul sur une Buell.
Nous sommes à côté des célèbres 17 tournants dans la vallée de Chevreuse. Célèbres pour sa faune, plus que pour sa flore. Mais le vrai bonheur n'est guère plus loin, tout au plus 5 km plein Ouest.
Il est 10h30. La pose troquet est terminée.
Ca va chier !
Un samedi matin, Babwin me mitonne un petit essai moto auprès du concessionnaire Harley Davidson d'Ivry, son ancien sponsor Harley Cup.
Au menu Buell XB12X, XB12S et Street Rod HD. Je suis arrivé à la première étape sur l'Ulysse XB12X. Il est temps de passer au chose sérieuse et d'enfourcher ce jouet tout compact.
Esthétiquement, je bave sur le look radical de la XB12S. J'adore ce VTT motorisé et le concept « 2 roues + un moteur » : une esthétique qui m'envoute et au-dessus de laquelle je ne place que les Ghezzi Brian, le prix de celles-ci étant stratosphériques...
La ligne est légère. La longueur de l'ensemble y est forcément pour quelque chose. Il n'y a pas d'arrière, génial pour éviter de trainer sa femme.
Pas de place pour la bagagerie donc. D'autant que le réservoir est en plastique, pas de sacoche magnétique non plus.
Qu'importe ! Une simple poche suffit pour glisser une brosse à dent et un string, histoire de tenir une semaine.
Le cylindre arrière est caché derrière le cadre dommage.
L'échappement doré avec mini pot sous la moto est du plus belle effet.
Le reste du moteur est agréable à l'oeil.
Un petit radiateur vertical a fait son apparition devant le moteur. Ca reste discret.
Transmission par courroie. Roue de bon calibre.
Frein à disque périphérique, c'est beau. Le jolie système de fixation anodisé a disparu au profit de simples vis pas chromées.
La selle est large. Spécial gros cul américain ! Que ce qui n'en n'ont jamais vu ne cherchent pas à en imaginer. C'est sur-réaliste. Il faut aller voir pour comprendre.
La selle est ferme, pour un gros cul français. J'adore.
Elle dispose de commodos d'une finition kitch – plastique jaune type Kinder – mais parfaitement fonctionnels. L'allumage du phare est automatique. Une position sur le néman latéral permet de laisser la moto en veilleuse à l'arrêt. Le compteur est répartie entre compte-tour, vitesse et un écran led avec un double journalier, vitesse moyenne, km total... lisible et facile d'accès sauf pour la remise à zéro.
Tous les voyants sont là : température, clignotant, injection, clignotant, réserve, neutre...
Sa finition est plus abouti que ses ancêtres S, M et X.
Le réservoir est dans le cadre. Des tampons en caoutchouc discrets sont collés sur les protubérances pour limiter les effets d'une inconvenante gamelle.
Les commandes tombent sous la main sans problème et les pédales sont un peu ramassées comme sur une Sport-GT. Les jambes sont repliées et les pieds sont sous les fesses.
Contact !
RHÂÂâaa !!! C'est divin. Ce son et ces vibrations...
La 1ère passe facilement. Et elle décolle sur un filet de gaz.
Les vibrations de l'ensemble sont gommées par les silentblocs, un peu frustrant, mais on reste très au dessus de ce que distillera une Ducati de la même époque par exemple.
Je confirme : c'est un vélo au ralenti. Ultra maniable malgré ses pneumatiques.
On quitte la ville pour la campagne et c'est parti.
RHÂaa ! Ca engage tout seul dans les virages, ca anticipe presque le regard tellement c'est vif. La position idéale sera basculée sur l'avant style crapaud ; pas pour le vent, mais pour la balancer au mieux, enfin, faire corps quand elle bascule toute seule. Sportif sur grand trajet !
La cartographie du sol est intégralement transmise à la moto par les suspensions sèches. Bizarrement, les poignets ne souffrent pas. La moto se contente de faire des sauts de puces avant de reprendre la trajectoire comme si de rien n'était. Surprenant.
Un outil à arsouille donc, mais difficile de faire un baroude du type 2000 bornes de blanches en montagne sans assistantes masseuses qui devront suivre en voiture par manque de place.
Les vibrations rendent les rétros illisibles. Il faut véritablement les pincer avec une main pour y voir quelque chose.
La brêle a environ 4000 km. Passé 4000 tours, le moteur devient brutale. De bonne augure.
La remise franche des gaz - dit TOC - commence par la sensation d'engorger avant de bondir en avant. Un enroulé progressif sera bien plus sympa, du genre j'enfume tout ce qui roule dans un gros BRÔÔÂâaaa.
Le son devient rageur bien que loin de ces ancêtres. Les normes anti-pollution sont passées par là. Ca mériterait quelques coups de disqueuse pour faciliter l'écoulement des gaz.
La prise des freins avec deux doigts équivaut à un largage de grappin.
Le stoppy et le wheeling ne sont pas loin ; il suffit de quelques bosses au bon moment pour avoir une initiation gratuite et envisager la vente de toiles de maître peinturées avec le fion.
Les freins arrières (les quoi ?) sont absents. C'est gênant d'autant qu'il n'y a pas de frein moteur et que l'avant redresse la machine. Il doit y avoir un mode d'emploi à acquérir.
Cette chose est la preuve que Dieu existe. Un jouet diabolique, une sportive décarénée et raccourcie avec une suspension de kart de compétition et un putain de moteur Rhâaa.
Bref, les Buell se sont assagies mais le moteur envoie encore gros, très gros. C'est dire s'il faut absolument essayer les S1, M2 et autres X1.
C'est simple : au niveau sensation, elle enterre tout ce que je connais.
Je ne suis vraiment pas déçu mais complètement déchiré. C'est trop exclusif pour moi.
Cette brêle n'est absolument pas raisonnable. Elle est le diable personnifié, la tentation absolue qui m'enverra au fond d'un ravin. C'est la brêle que tout non-citadin et autres non-habitant des plaines se doit d'essayer. Une machine à décoller la pulpe à des vitesses accessibles et à enchaîner du virolos en godillant du cul plus vite que Shakira.
La remise des clés au garageot est un déchirement mais quel panard ces 3 heures de balade.
Comments
Merci Ca me motive pour m'y
Merci

Ca me motive pour m'y remettre.
J'en ai plus du double à rédiger sur le même ton
A très bientôt.
J'ADORE le style des essais:
J'ADORE le style des essais: je me suis rarement autant marré en lisant un essai moto! Bravo
Il me faut un M2 aussi!
Merci Guillaume, c'est très
Merci Guillaume, c'est très sympa
Longue route à toi
salut zeb-X super ton
salut zeb-X




super ton compte rendu
si je n'avais pas ma XB, je foncerai direct chez HD pour un essai---> achat
je confirme que cette moto est vrai démon, mais revers de la médaille, elle ne pardonne aucune erreur, mais vraiment aucune
j'en suis à 17Mkm en 1 an et c'est un régal à chaque fois que je la prend, d'ailleurs je ne me souviens plus d'aucun racourci