Essai moto Aprilia Falco - le moteur qui fait peur

Suite à une fuite de réservoir de sa Ducati S4R, Babwin s'est fait prêter un Aprilia Falco neuf ou presque, à peine tirer dedans

Au cours d'une balade dans le Cantal, nous dérivons sous un soleil de plomb. Les routes sont mi-boissées, mi-viroleuses mais bien bosselées (Charlie ?). Il a mal au cul, aux poignets et crie pitié. C'est l'heure du prêt. Je lui abandonne ma confortable Honda CBR 1100 XX contre un tour sur cet engin italien étrange nommé Falco.

La Falco est sobre

Faut dire que la couleur noire aide un peu.
Pas de clinquant donc. La discrétion est à l'honneur bien que le style Aprilia soit de suite identifiable grâce notamment au look bien particulier de son twin V60.
Avec sa demi-tête de fourche, celui-ci est parfaitement visible. Son look est atypique. Pas de doute, ce n'est pas une japonaise.
La finition est plutôt sommaire d'aspect ; niveau moto basique nippone avec tête de fourche.
Autant l'avouer de suite, je la trouve globalement moche. Je n'aime pas ce cadre double poutre superposée. L'optique est à vomir et la taille du pot me fait penser que le coût de l'acier italien a dû chuter.
La selle fait spartiate. Guidon bracelet. Je décèle un piège.

Allez hop, en selle...

La selle est spartiate !

Le tableau de bord est complet, voir compet avec ces enregistreurs de vitesse et régime moyen et maximum. La position est basculée sur l'avant, plus que sur ma XX. Les commandes tombent sous la main et sous les pieds naturellement. Les talons sont sous les fesses.
Contact. Vraoumm... Beau son. Un bruit de bouilleur inhabituel qui n'est pas sans rappeler d’autres sons atypiques comme celui des 3 cylindres Triumph. Il est très différent des Ducatis. Je préfère le son de ces dernières.

C'est pas tout, mais la route nous appelle.

En route pour une petite centaine de kilomètres dans la région des volcans.

Les suspensions sont très fermes. J'en prends plein le cul et les bras. La faible allure ne me permet pas de bénéficier du vent pour soulager mes poignées. Je prends mon mal en patience et suis gentillement ma CBR 1100 XX.
Les virolos arrivent avec une forte grimpette. La moto reste calme bien que peu maniable. Les freins sont durs et pas du tout progressifs comparés à la Honda.

Et puis arrivent les routes typées jaunes beaucoup plus roulantes.

Il est temps d'ouvrir un peu les papillons du carbu.

CARAMBA !
Dès 5000 tours, ca sent la poudre. Le moteur grogne et crache tout ce qu'il peut dans un barrouf d'enfer.
Effet coup de pieds au cul aussi inattendu que violent. Maman, sur quoi suis je monté ? Je veux descendre, j'ai peur !
Je ne trouverai jamais le mode d'emploi vu la configuration des routes et mon niveau. Frustrant. Nul doute que pour frimer entre 2 bistros, ca doit le faire tout seul.
J'arrive avec pas mal d'appréhension à suivre mon collègue mais le plaisir est gâché par l'anxiété.
Grands virages à l'horizon... Allons-y gaiement. Arggg, ca ne tourne pas. C'est un véritable bout de bois. Raide comme tout. Je force comme un âne et elle ne veut pas plonger la cochonne. Heureusement les routes sont larges quand on utilise les 2 voies.

C'est déjà enfin fini

Pas pour moi. Je n'aime pas le look, je n'aime pas la maniabilité, je n'aime pas le moteur on/off.
Ceci étant, je ne doute pas que ce dernier distille beaucoup de plaisir à des motards plus expérimentés.

Aprilia Falco
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