Essai moto Ducati Monster 900i - Caractère italien et finition yougoslave

Cela faisait quelques 1000 km que j'accompagnais cet ex-ami qui a osé acheter une Ducati jaune.
Il était temps de profiter d'une pose dans les Georges de l'Ardèche pour quitter ma NTV et poser mon cul sur cette moto de circuit homologué.

Rhâaa quelles sont belles ces saloperies

La couleur jaune est... laide ; mais il y a mieux d'origine. Comme tout le monde le sait, les Ducati tout comme les Ferrarri se doivent d'être rouges.
Le look Ducati Monstro ne vieillit pas. Le moteur 900i en L est bien visible sous son cadre treillis. Toujours surprenament petit. L'injection n'enlaidit l'ensemble.
La finition n'a rien d'exceptionnelle mais il est remarquable que beaucoup de pièces sont typées sports mais sans clinquant : les étriers frein sur-pistonnés, les leviers aux bouts fragilisés, les durites avia, la course courte des gaz, le réservoir sur charnière, la fixation des roues... Des petits détails qui fleurent bon.

L'esthétique générale reste homogène, loin de la jacky attitude.

A bord, c'est encore meilleur

Le tableau de bord est simpliste et complet.
Les rétros sont inexistants, d'autant que le propriétaire a fait sont kéké en remplacent l'original par un timbre poste chromé à 50€.
Les commandes tombent parfaitement sous les membres, quoiqu'un peu relever pour les pédales à l'arrêt.
Elles sont douces.
La selle est ferme et confortable.

Bref du sobre, avec une touche de compet de bon goût. Il y a un fumé d'arsouille dans l'air !

Contact ! Un rappel au circuit immédiat

RHÂââaaaa ce bruit !!! Qu'ils sont flatteurs ces italiens.
Clic, la 1ère est enclenchée en douceur, course courte : ca continu.
Vroum et c'est parti pour quelques kilomètres de virolos dans le décor somptueux que nous offrent les Gorges de l'Ardèche.

La moto est très facile à mettre sur l'angle. Elle tient parfaitement le pavé. Le frein arrière permet les corrections très facilement.
Si le frein arrière joue dans la cour des ralentisseurs, l'avant est clairement fait pour attaquer. Il suffit de deux doigts pour planter la roue avant dans le bitume. Laissons ce pauvre bitume et occupons nous de la poignée de droite.

La poignée doit être reliée à la queue du tigre enfermé dans le moteur. Et il n'aime pas ca ! Ca grogne temps que cela peut à l'accélération. La moto reste facile entre 3000 et 5000 tours. Passé 5000, ca commence à être rock&roll et pousse de façon virile. Il faut être à son affaire. Esprit course je vous dis.
Rhâa putain, j'ai la BM de mon autre alcoolique d'ami dans le viseur. Je me crache dans les pognes et ca balance. Gauche, droite, gauche, droite, on dirait des élections. Ca godille du cul. C'est magique, j'en ai des frissons. Bziiiii.

Suspension ? Ferme, mais la selle aidant, c'est les poignées qui prennent le plus.

Quant à l'efficacité réelle, on s'en fout non ? D'autant que les panneaux ardéchois s'interprètent. Pour un panneau « virage à gauche, vitesse limitée à 30 » comprendre « putain de virage à gauche, au dessus de 30 tu meurs ».

Une prothèse au plaisir

Je ne peux pas m'empêcher de penser que la Ducati 900i est pensée comme une prothèse au plaisir. Bizarrement sans grande recherche d'adrénaline, elle distille du bonheur en continue. Bref, elle est belle, elle fait du bruit tout bien comme il faut même si je me traîne... et c'est bon !

Entretenons la légende

Et les défauts ?
Huk huk huk.

Ca reste une Ducati quand même, fidèle à la légende cet exemplaire aussi. A croire que le constructeur le fait exprès.
Je vais résumer les galères rencontrées sur les environs 6500km du propriétaire de cette moto neuve :

  • Problème sur une soupape non signalé lors de la visite de contrôle ad'hoc. Ducati Store ne remplacera jamais la pièce.
  • Réglage de l'injection électronique mal effectué, le second sera le bon. Re-facturé bien sûr.
  • Béquille latérale est visiblement défectueuse. Elle est trop verticale. Moralité, lors d'une pose, moto arrêtée sur une aire plane, la moto tombera en basculant par dessus la béquille (sic)

Bref, la fin de la chaine de montage et le contrôle qualité, c'est l'utilisateur. 'sont futés ces italiens :)

Moto passion

Il n'y a pas de doute. Ducati sait faire des motos passions. Par contre, il ne sait pas les terminer. Quant au service après-vente, à moi de tomber sur un passionné, la stratégie marketing est un grand fouttage de gueule à date. Une honte par rapport à l'histoire de cette marque.

Note pour plus tard : attendre d'avoir un niveau en mécanique acceptable pour terminer le boulot de Ducati et acheter une Monstro.
Note pour plus tard correction : attendre que Ducati atteigne un niveau en mécanique acceptable et acheter une Monstro. ;)

Ducati Monster 900i
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