En 2000, un ami m'informe que Buell organise un essai sur le circuit Carole au Nord de Paris. Je ne connais pas du tout ce constructeur. Par curiosité, j'accepte de participer à cette journée d'essai. Arrivé à Carole,quelques Buell X1 préparées sont exposées. Je les trouve jolies et originales.
A côté du stand d'inscription, les Buell M2 et X1 de test sont alignées dans le paddock.
Bof, bof. Ces versions non préparées sont nettement moins jolies. Il y a des jaunes pisseux, des rouges passés et des blancs sales. Elles ne sont pas tape à l'oeil. Rien ne brille, tout est mat, triste.
Je vais me faire chier... c'est sûr ou plutôt... c'est ce que je croyais car rien ne m'avait préparé à ce que j'allais vivre ce jour là.
Ca commence fort ! Suite à la première bière, je loupe le debrief distillé par un pilote que j'appellerais X, à défaut de mémoire, à un troupeau de motards attentifs.
Je réussis juste à entendre la phrase de la fin : "Le frein avant est mordant de chez mordant. Messieurs, à vos motos. Et je vous rappelle, on est là pour se faire plaisir, pas pour faire un chrono."
Sur ceux, tout le monde sort de la tente et s'avance vers les motos. Tout le monde se jette sur les Buell X1, ces dernières viennent de sortir et possède l'injection, gage marketing à l'époque d'un gain de puissance phénoménal et d'une fiabilité sans faille. Il me reste une M2 rouge délavée. Soit... "je suis là pour me faire plaisir".
La finition est sommaire. Des cables dépassent et pendouillent de partout. Comparé à ma Honda CBR 1100 XX Blackbird, y'a pas photo. Le moteur est bien un Harley-Davidson. Mais il n'est pas vraiment mis en valeur dans ce cadre qui fait toc affublé d'une hideuse et énorme boite à air en plastique noir mat.
J'enfourche l'engin. Rien d'exceptionnel, si ce n'est qu'elle fait petite.
La selle est suffisamment confortable. Les commandes sont typées roadster, position assises très légèrement en avant.
Contact !
RÂglaa ! Ca vibre de partout. C'est énorme. NON... C'est ENORME !
La moto tremble sur sa béquille.
La roue avant vibre, ou plutôt dribble sur le sol. Je peux la voir légèrement décoller.
"Ok, je vais te la calmer en grimpant dessus... ?!? Mais, mais, je ne l'assois pas ! C'est la Buell qui me fait vibrer. Je suis assis sur un vibro-masseur géant !"
C'est trop bon. Je suis à l'arrêt et j'ai de la bave aux commissures des lèvres : mi-joyeux, mi-craintif de la suite.
Le pilote ouvre et tout le monde part. Je pars avant dernier. J'appréhende tellement le circuit que j'en oublie un peu la moto.
Le passages des vitesses est terrible. Il faut appuyer comme un bourrin et le passage est très lent.
"Buell fait des motos d'hommes" charient souvent les concessionnaires aux déroutés possesseurs de machines japonaises. On m'expliquera plus tard qu'à part être ferme, l'embrayage se doit d'être réglé en début de vie, chose rarement faites dans les règles de l'art sur des motos de démo. On est très loin des standards nippons.
Au bout du premier tour à faible vitesse, la montée des vitesses ne me dérange plus, par contre la descente... il y aura des loupés limite tout droit.
Le 2ème tour commence et le rythme s'accélère. Babwin qui est revenu à ma hauteur, entame une remontée - ce sera la 1ere d'une série de 3 allers-retours entre l'ouvreur et le sers-file à savoir moi - et cherche à me montrer les trajectoires. Je suis, enfin j'essaye.
Dans les virages, la moto penche toute seule. Elle suit parfaitement le regard. Génial, un vrai vélo.
L'explosion ! ca vibre ! je vois double ! ca pousse de façon démesurée. Mes bras s'allonge et je découvre le vrai coup de pied au cul.
Arggg merde ! A peine touché au levier et je suis presque arrêté. Incroyable ce frein, un pitt-bull mord le disque. Mais comment peux t'on rouler avec cet engin sous la pluie ou par temps d'hiver ?
Virage à droite et grande ligne droite.
Gazz ! BBBBRRRRRÔÔÔÔÔÔÔÔÔÔÔÂÂÂÂÂÂÂÂÂ, c'est magique, ca tracte à n'en plus finir. Un coup d'oeil au compteur : je n'avance pas, à peine 120 et j'ai autant de sensation qu'à 250 sur la BlackBird. Je relâche les gaz, rentre un rapport en montant sur le sélecteur - Klonk - et ralenti avant de plonger à droite pour rejoindre la ligne des stands et re-re-GAZZZzzz BBBBRRRRRÔÔÔÔÔÔÔÔÔÔÔÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂ...
RhÂâaaa, que c'est bon ! Je suis déjà au début des pif-pafs et j'arrive trop vite : freinage, c'est mieux et "putain de saloperie de vitesse qui ne veux pas descendre !#&$*". A coup de talons sur le sélecteur, je l'ai eu : KLÔNK.
Et c'est reparti pour 3 tours de manège avant de rentrer au stand.
Après 5 ans de moto, je viens de découvrir LA MOTO. Cette Buell est énorme, totalement démesurée, distille des sensations viriles inédites pour moi.
Cet engin est un moteur de tracteur monté sur deux roues et équipé d'une ancre pour freiner.
En sortant, je n'ai qu'une obsession. Dans qu'elle condition je peux l'acheter ? Pourrais-je l'utiliser au quotidien ? Quelles sont les concessions que je devrais faire ? Comment faire sous la pluie ?...
La raison aura le dessus sur la passion dans un premier temps. Mais cet essai m'a marqué à vie et la 1ère Buell n'est guère loin. C'est sûr.
Je remonte sur ma CBR pour retourner dans ma Bourgogne. Y'a pas ! Les philosophies de ces deux engins s'opposent complètement. Autant comparer une F1 et un dragster.
Comments
Bonjour, Hé non. Je n'ai
Bonjour,
Hé non. Je n'ai pas essayé la Buell S1. Je ne connais sur elle que les "on dit"
surtout que c'est un monstre
Bonjour, Il y a un monde
Bonjour,
Il y a un monde entre le modèle S1 et les modèles XB12.
As tu essayé la S1 ?
Incroyable Un confrère de
Incroyable
ou presque. La M2, enfin je lorgnais plutôt sur la S1, je ne l'ai pas osé. Trop brutale pour un usage sauvage sur petites routes de montagne. J'ai opté pour la XB12X et je pense avoir trouvé le bon compromis.
Un confrère de parcours
je te comprend,j ai vendu
je te comprend,j ai vendu mon xx full power injection,et j attend avec impatience la livraison(prevue demain)de ma nouvelle meule: une buell m2 de 2000
C'est fait !!!
C'est fait !!!
Broâ brôa aussi. Tu en
Broâ brôa aussi.
Tu en achètes une quand ?